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Conventions du Maroc avec les opérateurs du tourisme

Conventions du Maroc avec les opérateurs du tourisme

En parallèle aux projets mis en service, le Maroc avait signé, en 1999, sept conventions avec des promoteurs aussi bien nationaux qu’étrangers pour un montant de 5,4 milliard de dirhams. Ces conventions devraient, au terme de la réalisation de toutes les intentions, renforcer la capacité disponible nationale de quelques 10 450 lits supplémentaires et générer 8 320 emplois directs. Elles témoignent de l’intérêt que portent les grands groupes au Maroc et de leur volonté d’accompagner son secteur touristique. Ainsi, le groupe Accor s’est engagé à créer une capacité additionnelle de 3 400 lits pour un investissement de 1.4 milliards de dirhams, Sol Mélia Cl milliard de dirhams, 798 lits). C’est le cas également du groupe Tikida (880 MDH, 2 250 lits) et de Ahlen village SA (569 MDH, 1 536 lits). On notera également la présence de Malabata International Coorporation, Britanic Hotels Company et Bouznika Bay.

Les Assises nationales sur le Tourisme, qui se sont tenues il y a quelques mois à Marrakech, ont démontré la volonté de la plus haute autorité du Royaume de booster le secteur. Des efforts considérables restent à faire, mais désormais, il y a consentement général sur l’importance de l’or bleu et ses enjeux pour le développement harmonieux et durable de tout le pays.

Le congrès des investisseurs et hommes d’affaires arabes

Le congrès des investisseurs et hommes d’affaires arabes

Le second Congrès des Investisseurs et Hommes d’Affaires Arabes s’est tenu à Casablanca du 31 Octobre au 3 Novembre 1983. Vu l’importance de cette manifestation sur le plan de la Nation arabe et de notre pays, nous avons tenu à réaliser l’entretien suivant avec le Président de ce congrès, Monsieur Najem ABAAKIL.

AL ASAS : Pouvez-vous nous faire part de vos appréciations générales sur le dernier Congrès des Investisseurs Arabes tenu à Casablanca, et en quoi diffère-toi! du précédent ?

Najem ABAAKIL : Avant de répondre à cette question, je tiens à préciser les particularités du Congrès des Investisseurs et Hommes d’Affaires Arabes qui s’est tenu récemment à Casablanca et tout d’abord le fait éminent que ce Congrès ait été placé sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Hassan Il qui a voulu démontrer ainsi toute l’importance que revêt ce grand rassemblement. Dans le message Royal adressé aux Congressistes, S.M. a défini les objectifs que doit poursuivre la Nation Arabe pour son épanouissement économique et social.
Le premier congrès tenu à Taïf visait en premier lieu à trouver un accord général sur les objectifs globaux à atteindre à travers l’investissement du capital privé arabe, alors que le congrès de Casablanca s’est consacré à l’étude et à l’exécution des projets concrets, surtout au niveau des pays offrant le plus de potentialités, tant humaines que naturelles et matérielles (à savoir par exemple : une bonne infrastructure, des codes d’investissement souples et avantageux pour le capital privé arabe, etc.).
Comme les résolutions des travaux de ce congrès le prouvent, les résultats obtenus ont été plus que satisfaisant:
1°/ La constitution de la Société des Investissements Arabes dont le siège est à Bahreïn, et qui a pour but l’investissement dans les pays arabes présentant des potentialités adéquates. Le succès enregistré lors de la constitution du Conseil provisoire d’administration de cette société témoigne du grand intérêt que portent les investisseurs arabes à la création d’une telle société. Il a été également décidé d’ouvrir dans chaque pays arabe une représentation de cette société.
La première Assemblée qui devait se pencher sur toutes les dispositions de la Société Arabe des Investissements; a eu lieu à Djeddah le 27 Novembre 1983, c’est-à-dire moins d’un mois après la tenue du Congrès de Casablanca. C’est dire le rythme avec lequel avancent les travaux de cette société.
2°/ La création de la Société de Pêche Maritime, avec un capital de ’1’00 millions de dollars, ayant le Maroc pour siège social. Son Conseil d’Administration provisoire est en train de se pencher sur les modalités de sa constitution définitive.
Parallèlement à la création de ces deux sociétés, le congrès a émis des recommandations en vue de la création d’unités arabes d’industries mécaniques et d’engineering.
Il faut mentionner aussi les importantes concertations bilatérales ayant eu lieu en marge de ce congrès, et notamment entre les hommes d’affaires arabes et leurs homologues marocains. C’est ainsi que d’importants projets ont été discutés et adoptés entre le Maroc et le Koweït, le Maroc et Bahreïn, le Maroc et l’Arabie Saoudite, le Maroc et les Emirats Arabes Unis, le Maroc et le Sultanat d’Oman, etc. Parmi ces projets, je citerai à’ titre d’exemple : la constitution d’une société maroco-saoudienne dénommée « La Société Générale d’Investissement » au capital de 100 millions de dollars, et ayant le Maroc pour siège social ; la création d’une société maroco-bahreinite visant la commercialisation à Bahreïn de certains produits marocains.
Parallèlement à ces projets, les hommes d’affaires arabes ont discuté entre eux d’un certain nombre d’autres projets difficiles à énumérer actuellement et dont la concrétisation ne tardera pas à se faire. De même, les Chambres de Commerce des pays participants devraient se pencher sur l’étude de divers projets.

AL ASAS : En tant que Président de ce congrès, quelle dynamique comptez-vous insuffler à cet important forum arabe ?

Najem ABAAKIL : Je dirai à ce sujet que le Comité marocain chargé du suivi a déjà tenu plusieurs réunions afin d’apporter l’aide nécessaire aux promoteurs des projets, et de les aider à surmonter tous les obstacles qui risqueraient de se dresser sur leur chemin, et ce dans le but de faciliter l’exécution rapide de chaque projet.

L’enseignement supérieur

L’enseignement supérieur

Le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur vient de tenir à la Faculté des Sciences de l’éducation son troisième Congrès, les 25 – 26 et 27 Novembre, sous le thème « La mobilisation pour une gestion démocratique véritable des Établissements d’Enseignement Supérieur ».
Cette importante manifestation a donné lieu à de nombreuses réflexions et analyses sur le sort de l’Enseignement Supérieur au Maroc qui traverse, comme tout le monde sait, une crise dont il risque de se sortir difficilement s’il continue à emprunter les mêmes choix et les mêmes voies.

Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire Général du Syndicat a mis l’accent sur un certain nombre de points dont notamment: la multiplication de « nouvelles Facultés » qui ne sont rien d’autre que des « Centres d’Enseignement supérieur » bien connus pour leur manque de moyens, tant humains que matériels ; la mise en sommeil des institutions chargées de la gestion des Universités prévues par le Dahir de 1975; l’introduction de nouvelles réformes sans aucune concertation préalable avec le corps enseignant; les atteintes répétées contre les enseignants-chercheurs ; l’insuffisance de l’encadrement humain et matériel; l’annulation des postes budgétaires au moment où le nombre d’étudiants ne cesse de croitre ; futilisation abusive des assujettis au service civil dans le domaine de l’encadrement, au lieu de les intégrer parmi les enseignants chercheurs; l’insistance de la Banque Mondiale en 1983 sur la diminution des dépenses allouées à l’enseignement, vise à un enseignement de classe, à fermer l’Université à la face des bacheliers et à saboter la recherche scientifique ; la diminution du montant de la bourse et des salaires des étudiants-professeurs; l’abandon de la gratuité de l’enseignement; le gaspillage des deniers du Trésor dans la création d’emplois, comme ceux des vigiles dont l’Université n’a aucunement besoin, s’accompagne de restrictions draconiennes concernant la création de postes budgétaires pour le recrutement de cadres dont l’Université a, par contre, besoin ; l’interdiction pour les fonctionnaires de suivre une formation universitaire ; la non-satisfaction des revendications légitimes du corps enseignant en vue d’améliorer ses conditions de vie devenues précaires à cause de la régression de son pouvoir d’achat ; l’idée de permettre au secteur privé de jouer un rôle dans l’enseignement supérieur, ne fera que renforcer le principe de classe, etc.

Ces remarques et d’autres encore, démontrent la portée de la crise où se débat l’Enseignement Supérieur, crise rendue intolérable par l’absence de tout dialogue constructif entre le Ministère de l’Education Nationale et le corps enseignant. La volonté du Département de tutelle de marginaliser l’Université en y administrant des réformes arbitraires et incohérentes, ne peut que déboucher sur la mort de l’activité universitaire dans notre pays. La gravité de cette volonté se mesure à l’absence totale de toute réforme positive du contenu proprement dit de l’enseignement. Contenu largement reconnu inadéquat aux exigences actuelles de notre développement économique et social. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir ces milliers de licenciés en chômage qui ne trouvent aucun preneur sur un marché du travail déjà chancelant.

La réforme de l’Enseignement Supérieur est à l’heure actuelle une question prioritaire si l’on veut éviter de faire sombrer notre Université dans la désagrégation et la déconfiture qui campent à ses portes. Mais cette réforme ne pourra être crédible que si le corps universitaire est intimement lié à son élaboration et à son exécution. Les technocrates … du M.E.N., ainsi que leurs acolytes de la Banque Mondiale, n’ont aucune stature légitime pour imposer à un peuple, en quête de développement, un enseignement au rabais, fabriqué dans les fours de l’impérialisme et du néocolonialisme.
De l’importance accordée à la formation dans nos Universités dépendra le devenir socio-historique de notre pays. La médiocrité ne mène qu’à la médiocrité. Allons-nous rester éternellement médiocres?