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Archives pour la catégorie ‘Investissement au Maroc’

Le congrès des investisseurs et hommes d’affaires arabes

Le congrès des investisseurs et hommes d’affaires arabes

Le second Congrès des Investisseurs et Hommes d’Affaires Arabes s’est tenu à Casablanca du 31 Octobre au 3 Novembre 1983. Vu l’importance de cette manifestation sur le plan de la Nation arabe et de notre pays, nous avons tenu à réaliser l’entretien suivant avec le Président de ce congrès, Monsieur Najem ABAAKIL.

AL ASAS : Pouvez-vous nous faire part de vos appréciations générales sur le dernier Congrès des Investisseurs Arabes tenu à Casablanca, et en quoi diffère-toi! du précédent ?

Najem ABAAKIL : Avant de répondre à cette question, je tiens à préciser les particularités du Congrès des Investisseurs et Hommes d’Affaires Arabes qui s’est tenu récemment à Casablanca et tout d’abord le fait éminent que ce Congrès ait été placé sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Hassan Il qui a voulu démontrer ainsi toute l’importance que revêt ce grand rassemblement. Dans le message Royal adressé aux Congressistes, S.M. a défini les objectifs que doit poursuivre la Nation Arabe pour son épanouissement économique et social.
Le premier congrès tenu à Taïf visait en premier lieu à trouver un accord général sur les objectifs globaux à atteindre à travers l’investissement du capital privé arabe, alors que le congrès de Casablanca s’est consacré à l’étude et à l’exécution des projets concrets, surtout au niveau des pays offrant le plus de potentialités, tant humaines que naturelles et matérielles (à savoir par exemple : une bonne infrastructure, des codes d’investissement souples et avantageux pour le capital privé arabe, etc.).
Comme les résolutions des travaux de ce congrès le prouvent, les résultats obtenus ont été plus que satisfaisant:
1°/ La constitution de la Société des Investissements Arabes dont le siège est à Bahreïn, et qui a pour but l’investissement dans les pays arabes présentant des potentialités adéquates. Le succès enregistré lors de la constitution du Conseil provisoire d’administration de cette société témoigne du grand intérêt que portent les investisseurs arabes à la création d’une telle société. Il a été également décidé d’ouvrir dans chaque pays arabe une représentation de cette société.
La première Assemblée qui devait se pencher sur toutes les dispositions de la Société Arabe des Investissements; a eu lieu à Djeddah le 27 Novembre 1983, c’est-à-dire moins d’un mois après la tenue du Congrès de Casablanca. C’est dire le rythme avec lequel avancent les travaux de cette société.
2°/ La création de la Société de Pêche Maritime, avec un capital de ’1’00 millions de dollars, ayant le Maroc pour siège social. Son Conseil d’Administration provisoire est en train de se pencher sur les modalités de sa constitution définitive.
Parallèlement à la création de ces deux sociétés, le congrès a émis des recommandations en vue de la création d’unités arabes d’industries mécaniques et d’engineering.
Il faut mentionner aussi les importantes concertations bilatérales ayant eu lieu en marge de ce congrès, et notamment entre les hommes d’affaires arabes et leurs homologues marocains. C’est ainsi que d’importants projets ont été discutés et adoptés entre le Maroc et le Koweït, le Maroc et Bahreïn, le Maroc et l’Arabie Saoudite, le Maroc et les Emirats Arabes Unis, le Maroc et le Sultanat d’Oman, etc. Parmi ces projets, je citerai à’ titre d’exemple : la constitution d’une société maroco-saoudienne dénommée « La Société Générale d’Investissement » au capital de 100 millions de dollars, et ayant le Maroc pour siège social ; la création d’une société maroco-bahreinite visant la commercialisation à Bahreïn de certains produits marocains.
Parallèlement à ces projets, les hommes d’affaires arabes ont discuté entre eux d’un certain nombre d’autres projets difficiles à énumérer actuellement et dont la concrétisation ne tardera pas à se faire. De même, les Chambres de Commerce des pays participants devraient se pencher sur l’étude de divers projets.

AL ASAS : En tant que Président de ce congrès, quelle dynamique comptez-vous insuffler à cet important forum arabe ?

Najem ABAAKIL : Je dirai à ce sujet que le Comité marocain chargé du suivi a déjà tenu plusieurs réunions afin d’apporter l’aide nécessaire aux promoteurs des projets, et de les aider à surmonter tous les obstacles qui risqueraient de se dresser sur leur chemin, et ce dans le but de faciliter l’exécution rapide de chaque projet.

Le Maroc et l’intégration économique arabe

Le Maroc et l’intégration économique arabe

AL ASAS : Sur le plan de l’intégration économique et commerciale arabe, où en sont, dans les faits, les efforts du secteur privé arabe ?

Najem ABAAKIL : Au niveau arabe, il y a l’idée de la création d’un marché commun arabe, mais pour l’instant, j’estime que la coopération pour être efficace doit commencer aux niveaux bilatéral ou régional.
Quant au secteur privé arabe, il est légitime de rappeler que beaucoup d’hommes d’affaires ignoraient tout des possibilités d’investissement dans les pays arabes, car les contacts entre investisseurs étaient rares. Cependant, nous avons constaté depuis un certain temps que des rencontres plus fréquentes entre les hommes d’affaires de ces pays leur ont permis de s’intéresser sérieusement à l’investissement dans les pays arabes, pour au moins deux raisons, en dehors de la réalisation des profits : l’emprise du nationalisme arabe, et un certain dépaysement ressenti par les Arabes dans les pays occidentaux.
AL ASAS : Le Maroc traverse une crise économique, financière et sociale. Quelles en sont à votre avis les principales causes ?

Najem ABAAKIL : Les difficultés que traverse notre pays ont des causes connues de tous, à savoir les répercussions de la crise économique que connaît le monde occidental, la sécheresse qui s’est abattue sur notre pays trois années consécutives, et la guerre qui nous est imposée dans notre Sahara.
Cependant, le Maroc pourra aisément surmonter ces difficultés en exploitant plus judicieusement ses potentialités dont on peut citer à titre d’exemple: la richesse naturelle et minière importante mais insuffisamment exploitée ; nos richesses halieutiques ne sont exploitées que d’une manière artisanale ou insuffisante par nos nationaux du fait d’une surcharge abusive et d’une surexploitation de nos eaux territoriales de la part des flottes étrangères; alors que le tourisme chez nos voisins méditerranéens assure au budget de l’Etat des recettes appréciables, chez nous ce secteur ne participe qu’insuffisamment à l’équilibre de notre balance de paiement, et ce malgré la diversité de nos sites touristiques et la richesse de notre patrimoine historique. Dans le domaine de l’agriculture qui souffre actuellement d’un déficit alimentaire, notre pays offre d’énormes potentialités que lui envient bien d’autres pays, et qui offrent aux Investisseurs de très larges possibilités d’investissement.
A ces potentialités, il faut en ajouter une autre qui passe souvent inaperçue dans les analyses, à savoir l’élément humain de grande valeur dont dispose notre pays et qu’il convient de mobiliser judicieusement dans le cadre d’une politique économique basée essentiellement sur la productivité, la rentabilité, et l’intérêt national.
AL ASAS : Certains attribuent au secteur privé une part importante de responsabilité dans la crise qui s’abat sur notre pays. Qu’en pensez-vous?

Najem ABAAKIL : En comparant les deux secteurs, j’estime que l’apport du secteur privé dépasse de loin celui du secteur public en matière de réalisations économiques. Cependant l’Administration doit pouvoir mieux coordonner les deux secteurs afin d’atteindre un apport global plus important. J’estime en toute responsabilité que le secteur privé n’a jamais été défaillant, malgré les lourdes charges et notamment fiscales qu’il supporte. Le secteur privé a dignement rempli sa mission, et nous pouvons le prouver à travers l’examen des réalisations de tous les plans de développement du pays depuis l’indépendance.